Rabat, 9 juin 2026 – Ouverture officielle de la 45e Assemblée Générale annuelle de Shelter Afrique Development Bank (ShafDB). Placée sous le thème « L’avenir des villes : financer un développement urbain inclusif, vert et résilient », cette rencontre continentale réunit décideurs politiques, experts de l’urbanisme, institutions financières, collectivités territoriales et partenaires au développement autour des grands défis de l’urbanisation en Afrique.
Un déficit de logement alarmant à l’échelle continentale

Lors de la cérémonie d’ouverture, la ministre marocaine de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, a mis en lumière les principaux défis auxquels le continent est confronté en matière d’habitat, de développement urbain et de résilience climatique. Elle a notamment souligné l’ampleur des besoins en logements et l’importance de mobiliser des financements adaptés afin d’accompagner une urbanisation maîtrisée et inclusive.
Selon elle, le déficit de logements est actuellement estimé à plus de 53 millions d’unités, nécessitant des financements de près de 1 400 milliards de dollars. Une situation qui pourrait encore s’aggraver d’ici 2030, avec un déficit susceptible d’atteindre 130 millions de logements.
La ministre a également souligné l’impact croissant des changements climatiques sur les économies africaines. Le coût des phénomènes météorologiques extrêmes pourrait représenter entre 45 et 50 milliards de dollars d’ici 2040, soit près de 7 % du PIB du continent, entraînant une hausse des besoins d’investissement estimée entre 10 et 15 %.

Des solutions africaines pour répondre aux défis urbains
Pour le président du Conseil d’administration de Shelter Afrique, l’économiste et ancien Premier ministre béninois Lionel Zinsou, l’Afrique dispose déjà de nombreuses solutions adaptées à ses réalités.
Selon lui, l’enjeu consiste désormais à partager ces expériences réussies et à les intégrer davantage dans les politiques publiques nationales.
Lionel Zinsou a également relevé que la question du logement est devenue, au cours de la dernière décennie, un impératif politique majeur dans un nombre croissant de pays africains.
Le logement, moteur de transformation économique
Le Directeur général de Shelter Afrique, Thierno-Habib Hann, a appelé à un changement de regard sur la problématique du logement.

Les villes africaines connaissent une croissance rapide, tandis que des millions de familles aspirent à de meilleures conditions de vie. Dans ce contexte, le logement ne doit plus être perçu uniquement sous l’angle du déficit, mais comme un puissant levier de transformation économique et sociale.

Le Gabon veut renforcer sa coopération avec Shelter Afrique
Présent à Rabat, le ministre gabonais de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Mays Mouissi, a réaffirmé la volonté du Gabon de renforcer son engagement au sein de Shelter Afrique.
Le ministre a expliqué que son pays souhaite jouer un rôle plus important dans cette institution panafricaine créée il y a 45 ans et dédiée au financement du logement. L’objectif est également de mobiliser davantage les ressources de la banque pour soutenir les politiques nationales de l’habitat.

Selon lui, plusieurs axes de coopération sont déjà en cours avec Shelter Afrique, notamment dans le financement de projets immobiliers à travers la Société Nationale Immobilière ainsi qu’avec la Caisse des Dépôts et Consignations.

Parmi les projets envisagés figure la mise en place d’un mécanisme de refinancement hypothécaire destiné à améliorer l’accès au crédit immobilier, en allongeant les maturités des prêts et en réduisant les taux d’intérêt pour les ménages.
Le ministre a indiqué que ce modèle, déjà expérimenté avec succès dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est, notamment au Kenya, pourrait être adapté au contexte gabonais afin de renforcer les capacités de financement du secteur du logement.

