A LA UNE
Diplomatie

Rabat accueille un séminaire sur la diplomatie d’influence et le soft power

Le Centre Africain de Formation et de Recherche Administratives pour le Développement (CAFRAD), en partenariat avec la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Rabat et le Forum Africain pour le Développement et Recherches Géologiques et Stratégiques, a organisé la troisième édition de son séminaire intellectuel sous le thème « La diplomatie d’influence : géopolitique du soft power ».

La rencontre, tenue à l’amphithéâtre Charif Idrissi de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Rabat sous la coordination du professeur El Maliki Moussa, a réuni universitaires, chercheurs, diplomates, décideurs et étudiants autour des nouvelles formes d’influence qui redéfinissent les rapports de puissance dans le système international.

À cette occasion, le directeur général du CAFRAD, Dr Assouvi Coffi Dieudonné, a souligné que cette initiative s’inscrit dans un contexte international marqué par la recomposition des équilibres géopolitiques et la montée de nouvelles dynamiques d’influence. Les échanges ont notamment porté sur les fondements théoriques de la diplomatie d’influence, les stratégies de soft power développés par certaines puissances et la place de l’Afrique dans ces nouvelles configurations.

Intervenant lors d’un panel, le conseiller en communication Ahmed Mouyaka, représentant l’Ambassadeur Haut Représentant SEM Abdelaziz Branly Oupolo, a rappelé que la diplomatie d’influence, étroitement liée au concept de soft power développé par le politologue américain Joseph Nye, repose sur la capacité d’un État à orienter les comportements d’autres acteurs internationaux par l’attraction, l’image et la persuasion, plutôt que par le recours à la contrainte militaire ou à la pression.

Selon Ahmed Mouyaka, le Gabon constitue un exemple intéressant dans le contexte, le pays a longtemps cherché à exercer une influence régionale et internationale grâce à une diplomatie active, à ses ressources stratégiques et à son rôle de médiateur.

Une tradition de médiation diplomatique

Pendant plusieurs décennies, le Gabon s’est positionné comme un acteur de médiation dans plusieurs crises africaines. Sous la présidence de feu Omar Bongo (1967-2009), le pays a joué un rôle discret mais important dans divers processus de dialogue en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest.

Cette stratégie reposait notamment sur une diplomatie discrète mais active, des relations personnelles étroites avec de nombreux dirigeants africains et l’image d’un pays stable dans une région souvent marquée par l’instabilité.

Une diplomatie fondée sur plusieurs leviers

Le conseiller en communication a également souligné que les évolutions politiques récentes au Gabon, notamment à la suite du « coup de libération », ont contribué à redéfinir l’image du pays sur la scène internationale et à réajuster ses équilibres diplomatiques. Selon lui, ces changements ouvrent une nouvelle phase dans la politique extérieure gabonaise, marquée par une volonté de renforcer la crédibilité des institutions, de consolider les partenariats stratégiques et de repositionner le pays dans les dynamiques régionales et internationales.

L’exemple du Gabon illustre la capacité d’un État à construire une diplomatie d’influence efficace en s’appuyant sur plusieurs leviers complémentaires, notamment la médiation diplomatique, la diplomatie environnementale, la valorisation de ses ressources naturelles stratégiques ainsi que sa présence au sein des réseaux multilatéraux. Dans cette perspective, le soft power apparaît comme un outil stratégique permettant au pays de renforcer sa visibilité et son influence dans la géopolitique africaine et internationale.

Related posts

L’ICESCO met en lumière les manuscrits islamiques du Kazakhstan à Rabat

admin

Reconduction de Madame Unielle Oupolo à la présidence du Cercle Diplomatique de Rabat

ahmed

Siège au CPS : un nouveau front diplomatique pour le Gabon

admin

Laisser un commentaire