La crise qui touche le système éducatif gabonais continue de susciter de vives inquiétudes. Déclenchée par une grève des enseignants réclamant de meilleures conditions de vie et de travail, la situation pourrait s’installer dans la durée, notamment après la mise sous mandat de dépôt de deux leaders syndicaux.
Des revendications anciennes et non résolues
À l’origine du mouvement, les enseignants dénoncent la lenteur des régularisations administratives, notamment les intégrations, titularisations et reclassements. Ils pointent également la précarité de leurs conditions de travail, l’insuffisance des infrastructures scolaires et la faiblesse des salaires et primes face au coût de la vie. À cela s’ajoute un sentiment persistant de non-respect des engagements pris par les autorités lors de précédentes négociations.
Une décision judiciaire qui ravive les tensions
Alors qu’un dialogue avait été engagé entre le gouvernement et les syndicats, aboutissant à la signature d’un protocole d’accord et à une suspension temporaire de la grève, la mise sous mandat de dépôt de deux responsables syndicaux a profondément modifié le climat. Pour une partie du corps enseignant, cette décision est perçue comme un signal négatif, susceptible de durcir les positions et de fragiliser les efforts d’apaisement.
Des conséquences déjà visibles dans les établissements
Sur le terrain, la crise a des répercussions concrètes. Le calendrier scolaire est perturbé, les parents d’élèves s’inquiètent pour l’avenir de l’année académique et la qualité des enseignements, notamment dans les classes d’examen, est menacée. Cette situation accentue par ailleurs les inégalités entre l’enseignement public, fortement touché par les grèves, et le secteur privé, plus épargné.
Un dialogue sous tension
Malgré les annonces gouvernementales portant sur des régularisations administratives et financières, la méfiance demeure. De nombreux enseignants conditionnent la reprise effective des cours à l’application concrète des engagements pris, mais aussi à l’instauration d’un climat de dialogue plus serein, dans un contexte marqué par la judiciarisation du conflit.
Une crise aux enjeux majeurs
Au-delà de l’urgence, la crise de l’éducation au Gabon pose la question des réformes structurelles du secteur : gestion des carrières enseignantes, amélioration durable des conditions de travail, investissements dans les infrastructures scolaires et mise en place d’un cadre permanent de concertation sociale. Sans réponses durables et inclusives, le risque est grand de voir cette crise s’enliser, avec des conséquences sociales et économiques importantes pour le pays.
