Libreville, le 1er Janvier 2026 – À la suite de l’élimination prématurée et jugée humiliante des Panthères du Gabon dès la phase de groupes de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 au Maroc, le gouvernement gabonais a décidé de frapper fort. Ce mercredi 1er janvier 2026, le ministre des Sports par intérim, le Dr Simplice Désiré Mamboula, a annoncé la dissolution immédiate du staff technique, la suspension de l’équipe nationale jusqu’à nouvel ordre, ainsi que la mise à l’écart des joueurs.

Dans une déclaration officielle au ton ferme, le ministre a justifié cette décision par la nécessité de restaurer la crédibilité du football gabonais et de préserver les valeurs de responsabilité, d’exemplarité et de performance défendues par la 5ᵉ République.
« Considérant les effets multiformes aux antipodes des valeurs d’équipe et d’exemplarité prônées par la 5ᵉ République, le gouvernement décide de la dissolution du staff technique, de la suspension de l’équipe nationale jusqu’à nouvel ordre et de la mise à l’écart des joueurs. Le gouvernement invite la Fédération gabonaise de football à prendre toutes ses responsabilités », a-t-il déclaré.
Une réponse politique à un échec sportif majeur
Cette décision intervient au lendemain d’une campagne désastreuse des Panthères, marquée par trois défaites consécutives en phase de groupes. Battus d’entrée par le Cameroun (0-1) le 24 décembre, les Gabonais ont ensuite chuté face au Mozambique (2-3) le 28 décembre, avant de s’incliner contre la Côte d’Ivoire (2-3) le 31 décembre, malgré une avance pourtant confortable de deux buts.
Avec zéro point au compteur et une dernière place dans le groupe F, le Gabon signe l’une des pires performances de son histoire en Coupe d’Afrique des Nations. Cet échec est d’autant plus difficile à accepter que les attentes étaient élevées. Qualifiée sans difficulté, portée par des cadres expérimentés comme Pierre-Emerick Aubameyang, Denis Bouanga et Mario Lemina, la sélection nationale affichait des ambitions claires, notamment celle d’atteindre au minimum les quarts de finale.
Des dysfonctionnements structurels pointés du doigt
Au-delà des résultats, le gouvernement semble sanctionner une accumulation de manquements : choix tactiques discutables, erreurs défensives répétées, incapacité à gérer les temps forts des rencontres et, surtout, un manque manifeste de cohésion et de discipline collective. Ces défaillances contrastent fortement avec la dynamique positive observée lors des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026 sous la houlette de Thierry Mouyouma.
Pour les autorités, cette élimination précoce dépasse le cadre strictement sportif. Le football étant un puissant vecteur d’image nationale et un secteur bénéficiant d’importants financements publics, l’écart entre les moyens engagés et les résultats obtenus est jugé inacceptable. La colère et la déception des supporters, largement exprimées sur l’ensemble du territoire, ont également pesé dans la balance.
Vers une refondation du football gabonais ?
En suspendant l’équipe nationale et en dissolvant son encadrement, le gouvernement envoie un signal fort : l’échec ne saurait rester sans conséquences. Cette décision, aussi radicale que symbolique, vise à provoquer un électrochoc, à responsabiliser les acteurs du football national et à ouvrir la voie à une réforme en profondeur de la gouvernance sportive.
Reste désormais à la Fédération gabonaise de football de tirer les leçons de ce fiasco et de proposer un projet crédible, capable de redonner espoir aux supporters et de replacer les Panthères du Gabon sur le chemin de la compétitivité et de l’honneur continental.

