
Marrakech – La quatrième édition du GITEX Africa a ouvert ses portes dans la ville ocre, réunissant décideurs politiques, acteurs économiques et diplomates autour des grands enjeux du numérique et de l’intelligence artificielle (IA) sur le continent africain.
La cérémonie inaugurale s’est tenue en présence du Chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, de la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme administrative, Amal El Fallah Seghrouchni, ainsi que de nombreuses personnalités, dont S.E.M. Abdelaziz Branly Oupolo, ambassadeur de la République gabonaise près le Royaume du Maroc. Cet événement d’envergure internationale confirme le rôle croissant du Maroc comme hub technologique en Afrique.
L’intelligence artificielle au cœur des débats
En marge de l’ouverture officielle, panels et conférences se sont succédé pour analyser les transformations profondes induites par l’intelligence artificielle. Parmi les moments forts, la session intitulée « Redéfinir la souveraineté à l’ère de l’intelligence artificielle » a particulièrement retenu l’attention.

Ce panel de haut niveau a réuni notamment Amal El Fallah Seghrouchni, Anne Le Hénanff Ministre déléguée de l’Intelligence artificielle et du Numérique de France, ainsi que le ministre gabonais de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba. Les échanges ont mis en lumière un constat partagé : l’IA sera un facteur déterminant dans la reconfiguration des équilibres économiques mondiaux au cours de la prochaine décennie.
Les intervenants ont souligné les opportunités offertes à l’Afrique — émergence de nouvelles industries, gains de productivité et renforcement de la compétitivité — tout en pointant des défis majeurs, notamment en matière de données, de formation des talents, d’infrastructures technologiques et de capacité de calcul.
L’énergie, un levier décisif pour le Gabon
Très impliqué dans les discussions, Mark Alexandre Doumba a insisté sur la question énergétique, qu’il considère comme un pilier du développement numérique.
Il a rappelé que les data centers, indispensables à l’essor de l’intelligence artificielle, sont fortement consommateurs d’électricité. Dans un pays comme le Gabon, où la capacité installée oscille entre 700 et 800 MW, les enjeux portent sur l’augmentation de la production, l’amélioration du réseau de distribution et la compétitivité des coûts énergétiques.
Toutefois, ces contraintes ne constituent pas, selon lui, un frein structurel, mais plutôt une opportunité stratégique, à condition de mettre en œuvre des politiques publiques ambitieuses visant à renforcer l’offre énergétique et à réduire durablement le coût du kilowattheure.
Une coopération bilatérale renforcée

Parallèlement à l’événement, le Maroc et le Gabon, représentés par Mark Alexandre Doumba et Amal El Fallah Seghrouchni, ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération numérique avec la signature d’un protocole d’accord entre leurs ministères de tutelle.
Cet accord vise à consolider les relations bilatérales à travers plusieurs axes : partage d’expertise en matière de politiques publiques, harmonisation des cadres réglementaires et développement de programmes de formation.
Le volet formation occupe une place centrale dans ce partenariat. Une quinzaine d’étudiants gabonais bénéficieront de bourses complètes pour intégrer l’Université Mohammed VI Polytechnique, institution de référence en ingénierie et technologies avancées.
Miser sur les compétences locales
Au-delà de la formation à l’international, le Gabon entend également renforcer ses capacités internes. Dans cette optique, une convention a été signée entre l’Institut National des Postes, des Technologies de l’Information et de la Communication (INPTIC) du Gabon et l’Institut National des Postes et Télécommunications (INPT) du Maroc.
Signé par leurs directeurs généraux respectifs, Landry Badiali et Abdehamid Belmekki, cet accord s’est déroulé en présence du ministre gabonais de l’Économie numérique, de l’ambassadeur du Gabon au Maroc, du directeur général de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications du Maroc ainsi que de leurs collaborateurs respectifs.

Ce partenariat vise à moderniser les programmes de formation, à renforcer les infrastructures techniques et à adapter les cursus aux exigences actuelles du numérique.
Par ailleurs, un programme dédié aux fonctionnaires gabonais a été mis en place, prévoyant l’octroi de cinq bourses par an sur une période de cinq ans. Ce dispositif inclut la formation, la prise en charge logistique ainsi qu’un accompagnement financier, avec pour objectif de renforcer durablement les compétences au sein de l’administration publique.
