A LA UNE
ONU Tourisme/innvation

Le Gabon à l’écoute des nouvelles dynamiques du tourisme africain

Rabat – Le Bureau thématique de l’ONU Tourisme dédié à l’innovation pour l’Afrique, premier du genre sur le continent, a été inauguré jeudi dans la capitale marocaine, en présence de plusieurs personnalités de haut rang, dont Son Excellence Abdelaziz Branly Oupolo, Ambassadeur Haut Représentant de la République gabonaise près le Royaume du Maroc.

La cérémonie a été présidée par la ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, aux côtés de la Secrétaire générale de l’organisation, Shaikha Al Nowais. Elle s’est déroulée en présence d’ambassadeurs de pays africains membres de l’ONU Tourisme ainsi que de représentants du système des Nations Unies accrédités au Maroc.

Ce bureau, inédit en Afrique, vise à accompagner la mise en œuvre de l’Agenda 2030 de l’organisation sur le continent, en positionnant le tourisme comme un moteur de développement économique et social. Il ambitionne de devenir une plateforme de convergence pour les idées, les talents et les partenariats, appelés à façonner le tourisme africain de demain.

Dans cette optique, plusieurs actions structurantes seront déployées, notamment des programmes de renforcement des capacités destinés aux acteurs publics et privés, l’organisation de forums dédiés à l’innovation touristique, ainsi que le soutien à l’entrepreneuriat à l’échelle continentale.

S’exprimant à cette occasion, la Secrétaire générale de l’ONU Tourisme a qualifié cette inauguration d’étape majeure pour le secteur, soulignant qu’elle marque également une avancée significative pour le Maroc, qui ambitionne d’accueillir 20 millions de visiteurs internationaux cette année. Elle a insisté sur le caractère stratégique de cette initiative, précisant que le bureau se veut une plateforme opérationnelle dédiée au soutien des start-up, à l’accélération de la transformation digitale et au développement des compétences.

De son côté, la ministre a relevé que le continent africain a accueilli 81 millions de touristes en 2025, enregistrant une croissance de 8 %, mettant en avant la richesse de son patrimoine, sa diversité naturelle ainsi que le potentiel de sa jeunesse. Elle a ajouté que ce bureau contribuera à promouvoir un tourisme plus compétitif, durable et inclusif, intégrant notamment les jeunes, les femmes, les entrepreneurs et les communautés locales.

Pour sa part, le Gabon dispose d’un positionnement naturel très fort. Avec ses parcs nationaux, sa biodiversité exceptionnelle et son littoral encore peu exploité, le pays est bien placé pour se développer sur un tourisme de niche à forte valeur ajoutée, notamment l’écotourisme. Dans ce contexte, l’orientation du bureau vers l’innovation, la durabilité et l’entrepreneuriat correspond directement aux besoins du Gabon, qui cherche à valoriser ses ressources sans les dégrader.

 L’accent mis sur l’innovation et la start-up est particulièrement pertinent. Le Gabon pourrait tirer profit de solutions numériques pour compenser certaines contraintes structurelles, comme l’accessibilité ou la visibilité internationale. Des plateformes de réservation locales, des outils de promotion digitale ou des services liés au tourisme durable pourraient émerger grâce à ce type d’accompagnement.

 Le principal frein au développement touristique du Gabon reste infrastructurel : accessibilité aérienne limitée, coûts élevés, insuffisance des infrastructures d’accueil en dehors de quelques zones. Sans amélioration de ces éléments, même les meilleures initiatives d’innovation risquent de rester marginales.

Cette initiative pourrait aider le Gabon à mieux s’intégrer dans les circuits touristiques africains. Aujourd’hui, le pays reste relativement en marge des grandes routes touristiques du continent. En participant à des forums, en nouant des partenariats et en améliorant sa visibilité, il pourrait progressivement attirer une clientèle plus diversifiée.

Ce bureau représente une opportunité stratégique pour le Gabon, mais son impact dépendra fortement de la capacité du pays à :

  • Investir dans les infrastructures,
  • Structurer son offre touristique,
  • Former ses ressources humaines,
  • Et s’insérer activement dans les réseaux africains du tourisme.

Laisser un commentaire